Chaque année, l’Association des transports du Canada (ATC) décerne neuf prix pour souligner les réalisations exceptionnelles de ses organisations membres :
- Prix de réalisation en transport actif
- Prix de réalisation en action climatique
- Prix de réalisation environnementale
- Prix de réalisation en infrastructures
- Prix de réalisation en mobilité
- Prix de réalisation en sécurité routière
- Prix de réalisation des petites municipalités
- Prix de réalisation en technologie
- Prix de réalisation en développement de la main-d’œuvre
Nous félicitons les récipiendaires de cette année et remercions les dizaines d’organisations qui ont posé leur candidature. Nous remercions également les nombreux bénévoles qui ont examiné les candidatures.
Chaque projet gagnant sera mis en vedette lors d’un webinaire qui se tiendra en mai et en juin.
Les récipiendaires des prix 2026 sont :
Le sentier polyvalent Cycle 16 est un important projet de transport actif dans le nord de la Colombie-Britannique, qui crée une voie asphaltée de 15 kilomètres de long sur 3 mètres de large le long du corridor de l’autoroute 16, reliant la ville de Smithers au village de Telkwa. Conçue pour déplacer les piétons et les cyclistes de l’accotement d’une route très achalandée, cette voie séparée améliore considérablement la sécurité tout en renforçant la connectivité régionale. Depuis l’ouverture du sentier de raccordement de Smithers, plus de 15 000 déplacements ont été enregistrés, ce qui témoigne d’une forte demande d’infrastructures piétonnes et cyclables sécurisées. Au-delà de la sécurité, le sentier Cycle 16 soutient le tourisme, relie les travailleurs ruraux aux centres d’emploi et encourage la réduction des déplacements en véhicule, contribuant ainsi à réduire les émissions. Le projet se distingue également par son modèle de gouvernance novateur. Initié par l’organisme à but non lucratif Cycle 16 Trail Society, il a évolué vers un partenariat entre les administrations locales, WSP Canada et le ministère provincial des Transports et du Transport en commun, qui possèdent désormais et entretiennent le corridor. Ce cadre de collaboration constitue un modèle transférable pour les projets de transport actif en milieu rural partout au Canada.
Le projet de rétablissement du glissement de terrain de Seabird Bluff constitue une réponse complète à l’événement extrême de rivière atmosphérique survenu en novembre 2021, qui a entraîné d’importantes inondations, ainsi que des glissements de terrain et des coulées de boue partout en Colombie-Britannique. La route 7, un corridor clé reliant la vallée du bas Fraser au reste du Canada, a été bloquée par 82 000 m³ de débris, isolant des collectivités et perturbant la circulation de biens et de services. Des travaux immédiats à court terme ont permis de rétablir la circulation et de réduire les risques, notamment par l’enlèvement des débris, le nettoyage des fossés et la construction de bermes temporaires. La planification des mesures d’atténuation à long terme a débuté en 2022. Un système d’atténuation des coulées de débris résilient face aux changements climatiques a été conçu, comprenant une berme de dérivation de 4 à 10 m de hauteur avec un blindage en enrochement, ainsi qu’une berme secondaire pour contenir les événements futurs. Le milieu naturel a été restauré par la plantation de plus de 5 000 plantes indigènes, l’ajout de débris ligneux et l’amélioration de l’habitat des poissons. Les consultations menées auprès de la Première Nation de Seabird Island ont orienté les mesures de protection culturelle et archéologique ainsi que l’accès au site. La résilience et la sécurité à long terme ont été priorisées grâce à l’amélioration des voies d’accès pour l’équipement et de la signalisation.
Le projet de traitement du drainage rocheux acide du ruisseau Highway illustre une innovation en matière de gestion environnementale, en s’attaquant à des problèmes de longue date liés à la construction de la route 97C. À la fin des années 1980, des roches génératrices d’acide ont été utilisées par inadvertance comme remblai routier, entraînant un drainage acide à long terme qui a nui au ruisseau Highway et menacé le bassin versant du lac Pennask, une source essentielle à la reproduction de la truite. En 2017, le ministère des Transports et du Transport en commun de la Colombie-Britannique a entrepris la mise en œuvre d’une solution en deux phases consistant à recouvrir la chaussée et à abaisser le niveau des eaux souterraines afin de réduire la production d’acide. Un système modulaire de traitement passif de l’eau a également été construit, comprenant des chambres de neutralisation, des réacteurs biochimiques, des cellules de polissage et des lits de calcaire, ainsi qu’une zone humide aménagée pour une filtration supplémentaire. Conçu pour ce site éloigné à capacité énergétique limitée, le système fonctionne avec un entretien minimal et est doté d’un système de télémétrie permettant une surveillance à distance. Le projet a permis de rétablir les conditions aquatiques du ruisseau Highway : les poissons y sont revenus après des années d’absence, et les exigences réglementaires sont respectées depuis 2025. Grâce à de faibles coûts d’exploitation, à de solides partenariats avec les Premières Nations et à une approche reproductible ailleurs, le projet établit une nouvelle référence en matière d’assainissement environnemental des infrastructures de transport.
Le projet de réhabilitation du tronçon 2 de l’autoroute F. G. Gardiner met en valeur l’excellence dans la réalisation d’infrastructures modernes, tout en renouvelant un segment essentiel de l’un des corridors de transport les plus achalandés au Canada. Cette structure surélevée de 700 mètres, située entre la rue Dufferin et l’avenue Strachan, supporte plus de 150 000 véhicules par jour. Sa superstructure a été remplacée et sa sous-structure réhabilitée sur 35 travées — le tout en maintenant quatre voies de circulation actives au-dessus d’activités complexes de transport en commun et de construction, notamment celles de GO Transit, du réseau de tramways et du TLR. En tant que premier projet de transport de la Ville de Toronto réalisé selon un modèle de conception-construction, il a permis une réalisation accélérée, une conception collaborative et la mise en œuvre de solutions de construction novatrices. L’équipe du projet a utilisé des poutres-caissons préfabriquées en béton précontraint afin de rationaliser la fabrication et l’installation de nuit, érigeant jusqu’à sept poutres par nuit dans des conditions urbaines serrées. Grâce à une planification rigoureuse des étapes, à l’utilisation de matériaux durables de haute qualité et à des travaux réalisés en parallèle, le projet a atteint une durée de vie théorique de 75 ans et a permis la réouverture de six voies en octobre 2025, soit 18 mois plus tôt que prévu. Cette réalisation établit une nouvelle référence pour la réhabilitation complexe d’autoroutes urbaines.
Le Prix de réalisation en mobilité est décerné au Ministère des Transports et du Transport en commun de la Colombie-Britannique pour son Programme de remise sur les vélos électriques de la Colombie-Britannique.
Le programme de remise sur les vélos électriques de la Colombie-Britannique a été lancé en 2023 afin de rendre le transport actif plus abordable et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il offrait des remises fondées sur le revenu pour l’achat de vélos électriques neufs, pour un total de 7 040 remises d’un montant de 10 millions de dollars entre juin 2023 et septembre 2025. La demande pour le programme a rapidement dépassé le budget disponible. Une évaluation réalisée avec le REACT Lab de l’Université de la Colombie-Britannique a révélé d’importants avantages en matière de mobilité et d’environnement. L’utilisation hebdomadaire moyenne des vélos électriques a augmenté de 40 km, tandis que les déplacements en automobile ont diminué de 17 km — soit une réduction de 20 % des déplacements en voiture et une multiplication par seize des déplacements à vélo électrique. Les émissions hebdomadaires liées au transport ont diminué de 17 %, et sur cinq ans, le programme devrait permettre d’éliminer environ 5 000 tonnes de CO₂ et de parcourir 15 millions de kilomètres en automobile. Les participants ont également signalé une augmentation de l’activité physique, une amélioration du bien-être mental et une réduction de 12 % des coûts de déplacement. La conception du programme, fondée sur le revenu, a favorisé l’accès des personnes à faible revenu et des aînés, améliorant ainsi l’équité en matière de transport. Son approche fondée sur des données probantes, ses partenariats avec les municipalités et ses résultats probants offrent un modèle à d’autres régions souhaitant mettre en place des solutions de mobilité abordables et sobres en carbone.
Le Prix de réalisation en sécurité routière est décerné à la Région de Durham, en partenariat avec CIMA+, pour son Plan d’action stratégique pour la sécurité routière et fiche de rendement de la Région de Durham.
La région de Durham, avec CIMA+ comme consultant principal, a lancé le Plan d’action stratégique pour la sécurité routière 2019-2024. Cette initiative globale, fondée sur l’approche Vision zéro, vise à éliminer les décès et les blessures graves sur les routes régionales. Reposant sur une analyse avancée des données de collision, la mobilisation des intervenants et une approche multidisciplinaire, le Plan a établi une feuille de route fondée sur des données probantes pour améliorer la sécurité routière. Il visait une réduction de 10 % des collisions mortelles et avec blessures sur une période de cinq ans et mettait l’accent sur huit domaines prioritaires : les intersections, la conduite agressive et distraite, les jeunes conducteurs, les piétons, la conduite avec facultés affaiblies, les véhicules commerciaux et les cyclistes. Le Plan a mis en œuvre des contre-mesures coordonnées en matière d’ingénierie, d’application de la loi, d’éducation et de mobilisation, appuyées par des budgets, des échéanciers et des ressources clairement définis afin d’assurer une mise en œuvre efficace et durable. Le groupe de travail Vision zéro et le comité de mise en œuvre de la sécurité routière ont renforcé la coordination et la responsabilisation entre les organismes, tandis qu’un bulletin de rendement de Vision zéro a permis d’évaluer les résultats et les progrès. Finalement, les collisions mortelles et avec blessures ont diminué de 16 %, dépassant l’objectif fixé, tout en établissant un modèle fondé sur des données pour les municipalités souhaitant améliorer la sécurité routière grâce à l’approche Vision zéro.
Le Prix de réalisation des petites municipalités est décerné à la Ville de Lethbridge pour sa Mise en œuvre du plan de sécurité des transports de Lethbridge au moyen de techniques novatrices d’apaisement de la circulation (2024-2025).
La Ville de Lethbridge a utilisé des méthodes pratiques et fondées sur les données pour l’apaisement de la circulation, démontrant des améliorations claires en matière de sécurité, adaptées aux petites municipalités. Sur deux ans, les vitesses moyennes dans les corridors résidentiels pilotes ont diminué, passant de 46,15 km/h à 44,69 km/h, et sept segments sur dix ont enregistré un ralentissement. La vitesse de la queue supérieure a été suivie à l’aide de la vitesse du 85e percentile (V85) pour identifier les emplacements à risque les plus élevés. Les panneaux rotatifs de rétroaction de vitesse ont atteint environ 85 % de conformité chez les conducteurs, et 13 des 17 sites ont enregistré des valeurs V85 inférieures à la limite affichée, ce qui montre une forte concordance entre les vitesses affichées et le comportement des conducteurs. Les sites présentant un dépassement de vitesse persistant ont été ciblés pour l’application de la loi ou pour des mesures rapides d’apaisement de la circulation. Les premiers indicateurs de sécurité sont encourageants : le nombre total de collisions est passé de 63 à 53 (–16 %) et le nombre de collisions causant des blessures a diminué de 11 à 6 (–45 %). L’approche a également rendu la marche et le cyclisme plus confortables et a amélioré la sécurité autour des écoles. Le modèle intégré de Lethbridge — règles de vitesse uniformes, outils centrés sur le comportement, extensions de trottoir à construction rapide et surveillance intégrée — soutient un cycle de planification, de test, d’évaluation et d’ajustement, permettant de diriger des fonds limités vers des emplacements offrant des gains mesurables en matière de sécurité.
Le Prix de réalisation en technologie est décerné à la Ville de Québec pour son Identification des problématiques des soulèvements au gel à l’aide de relevés 3D (LiDAR).
La Ville de Québec a mis en œuvre un projet pilote novateur utilisant la technologie LiDAR à haute résolution pour détecter et traiter le soulèvement au gel, un défi récurrent qui affecte les réseaux routiers nordiques. Les méthodes d’arpentage traditionnelles dans la région sont limitées par de courtes fenêtres saisonnières et par le caractère chronophage du travail de terrain. En adoptant des relevés LiDAR 3D mobiles, la Ville de Québec peut recueillir efficacement des données détaillées sur des tronçons routiers entiers et comparer avec précision les élévations hivernales et estivales pour identifier les déformations liées au gel. Équipé de double scanner et de capteurs de navigation avancés, le système LiDAR mobile terrestre génère des nuages de points denses et précis, permettant aux ingénieurs de localiser avec exactitude les problèmes de drainage et les faiblesses structurelles, et de réaliser des interventions ciblées améliorant la sécurité des automobilistes, des cyclistes et des piétons. Au-delà de l’amélioration de la mobilité, cette approche réduit les coûts de conception, optimise l’utilisation des matériaux et limite les impacts de la construction en évitant des reconstructions complètes inutiles. Une seule collecte de données fournit des informations exploitables par plusieurs services municipaux et soutient des initiatives à long terme, telles que le développement d’un jumeau numérique à l’échelle de la ville. Ce projet illustre comment la géomatique avancée peut renforcer l’entretien des infrastructures, améliorer l’efficacité environnementale et favoriser une prise de décisions fondée sur des données probantes pour les municipalités.