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Concevoir un stationnement favorisant l’adaptation aux changements climatiques

Mardi, 12 Août, 2014

Il est facile de concevoir ou de réaménager un stationnement pour limiter le phénomène d’îlot de chaleur urbain et pour gérer d’une manière efficiente les pluies soudaines et intenses, deux phénomènes qui s’amplifieront au cours des années à venir à cause des changements climatiques.

Par Julie Guicheteau, ingénieure, Service de l'environnement de la Ville de Montréal

Les changements climatiques commencent à se produire au Canada comme partout ailleurs sur la planète, et ils ont des impacts sur la santé et la qualité de vie de nos concitoyens. Afin de limiter ces impacts, nous devons modifier la conception de nos infrastructures.

En février 2013, le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) a publié la norme BNQ 3019-190 Lutte aux îlots de chaleur urbains – Aménagement des aires de stationnement – Guide à l’intention des concepteurs. Cette norme propose une série de moyens concrets pour aménager les aires de stationnement de manière à contrer la formation d’îlots de chaleurs urbains et à gérer les eaux de pluie. Son contenu s’applique à l’aménagement et au réaménagement des aires de stationnement hors rue, de petite ou de grande superficie, existantes, projetées ou appelées à être rénovées.

Photo : exemple de stationnement écologique appartenant à la Ville de Beloeil (source : conception Alain Baillargeon, Objectif paysage).

Essentiellement, la norme propose des moyens pour :

  • réduire la superficie réservée aux aires de stationnement en réduisant la superficie totale du stationnement, en diminuant le nombre de cases ou la taille du stationnement;
  • végétaliser les aires de stationnement et les environs, d’abord en conservant les espaces verts existants, puis en créant de nouveaux (il est recommandé d’utiliser différents aménagements comme des arbres à grand déploiement qui créent de l’ombrage à l’intérieur de l’aire de stationnement et qui réduisent la chaleur ambiante, ainsi que des toits et des murs végétalisés);
  • gérer les eaux de pluie sur le site en favorisant l’infiltration directement dans le sol ou par des surfaces perméables et en aménageant des zones d’accumulation des eaux de pluie souterraines ou en surface;
  • utiliser des matériaux ayant un indice de réflectance solaire (IRS) élevé ou à forte perméabilité, surtout pour les espaces qui ne sont pas ombragés ou qui sont exposés le plus longtemps au rayonnement solaire, entre autres pour les voies de circulation.

Les indicateurs suggérés par la norme pour évaluer la performance des aires de stationnement sont le pourcentage d’ombre; l’IRS et le pourcentage de surface perméable.

Cette norme peut être utile pour plusieurs professionnels dont les ingénieurs, urbanistes, et architectes-paysagistes et pour plusieurs types d’organisations comme les municipalités, ministères, organisations sans but lucratif, ainsi que les propriétaires de stationnement.

Elle a été conçue par le BNQ en suivant les règles internationales d’élaboration consensuelle de normes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO). Elle a fait l’objet d’une consultation publique visant à recueillir les propositions et commentaires des utilisateurs spécialisés interpelés par le sujet. Elle a été rédigée et approuvée par un comité d’experts et d’intervenants du public et du milieu de la conception d’aires de stationnement.

Pour en savoir plus et pour télécharger gratuitement la norme BNQ 3019-190, consultez la page suivante : http://www.bnq.qc.ca/fr/normalisation/environnement/lutte-aux-ilots-de-chaleur-urbains.html. Sur cette page, vous pouvez aussi consulter un court vidéo résumant le contenu de la norme.

Les propriétaires de stationnements et les employeurs peuvent aller encore plus loin, notamment en encourageant le transport alternatif au voiturage en solo (espaces pour supports à vélo sécuritaires, douches, espaces réservés aux covoitureurs, abolition de la gratuité pour le stationnement et remboursement des abonnements aux transports en commun). De cette façon, les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont réduites, tout comme le besoin en stationnement. Il est même possible de carrément remplacer un stationnement par un espace vert, ce qui offre la possibilité de compenser des émissions de GES par la plantation d’arbres.